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Les compétences en "littératie" et en "numératie" des Français se situent parmi les plus basses des pays de l’OCDE

Comparés aux adultes (16-65 ans) des 24 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) [1], les Français manquent de compétences suffisantes en littératie (la capacité de comprendre et de réagir de façon appropriée aux textes écrits) et en numératie (l’utilisation des concepts numériques et mathématiques et la résolution des problèmes dans des environnements technologiques).

En effet, selon une étude internationale sur les compétences des adultes rendue publique lundi 7 octobre, « seuls 7,7 % des adultes français se situent dans les niveaux les plus élevés de compétences en littératie (4 et 5) et 34 % au niveau 3, contre respectivement 11,8 % et 38,2 % en moyenne, dans les pays participants à l’étude ».

De façon similaire, « seuls 8,3 % des Français se situent aux deux niveaux les plus élevés de compétence en numératie (niveaux 4 et 5) et 29 % au niveau 3 ». La France occupe en littératie et en numératie, respectivement la 21ème (avant Chypre, Espagne et Italie) et la 19ème place (devant l’Irlande, Chypre, les États-Unis, l’Italie et l’Espagne).

« Les résultats des Français varient sensiblement en fonction de leur niveau de formation et de leur origine sociale, et dans une mesure bien plus importante que dans la moyenne des pays participants », a indiqué Stefano Scarpetta, directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE, lors de la présentation de l’étude.

L’évaluation montre que les différences de compétence en littératie entre les individus nés en France et ceux nés à l’étranger sont plus marquées (37 points) que dans la moyenne des autres pays. D’autre part, dans le cadre professionnel, les travailleurs français lisent, résolvent des problèmes complexes et utilisent les TIC à une fréquence inférieure à la moyenne des autres pays. En revanche, ils recourent plus fréquemment — et plus qu’ailleurs — à l’écriture et, davantage encore, à la numératie dans le cadre de leur travail. 6,7 % des travailleurs français, contre une moyenne de 10,3 % dans les pays de l’OCDE, présentent une sur-compétence en littératie (compétences supérieures à celles requises par leur poste), alors que 3,6 % (très proche de la moyenne) sont considérés comme sous-compétents en littératie (ayant des compétences inférieures à celles requises par leur poste).

Enfin, l’étude révèle en France, comme dans tous les pays participant à l’évaluation, « une relation positive et significative entre, d’une part, le niveau de compétence en littératie et en numératie, et d’autre part, le salaire horaire et la probabilité d’occuper un emploi ». Plus les adultes sont compétents, plus leur salaire est élevé et plus ils ont une chance de trouver un emploi. Ainsi, un employé de niveau 4 ou 5 en littératie gagne 40 % de plus qu’un salarié du niveau inférieur ou égal à 1.

Dans les autres pays, la différence de salaire est de 61 %, en moyenne. De façon similaire, la probabilité d’occuper un emploi est 30 % plus élevée. « Il y a trois dimensions importantes : l’accès à la formation, le développement des compétences tout au long de la vie professionnelle et l’utilisation des compétences en adéquation avec le poste occupé », a précisé Stefano Scarpetta.

Publiée pour la première fois, l’Évaluation les compétences des adultes (PIAAC) mesure les compétences des adultes français [2], tandis que le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) évalue plutôt l’acquisition des savoirs des jeunes de 15 ans.]. Elle met l’accent sur les capacités des adultes à résoudre des problèmes à des fins personnelles, professionnelles ou civiques en mettant en place des objectifs et des plans appropriés, et en localisant et en utilisant l’information via les ordinateurs et les réseaux d’ordinateurs. Les compétences sont mesurées sur des échelles de 500 points divisées en six niveaux (de 1 à 5 et inférieur à 1).

Par Knock Billy - Le Quotidien de la formation du 9 octobre 2013

[117 États membres de l’Union européenne : Belgique (Flandre), République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Italie, Chypre, Pays-Bas, Autriche, Pologne, République slovaque, Espagne, Suède et Royaume‑Uni (Angleterre/Irlande du Nord), ainsi que l’Australie, le Canada, le Japon, la République de Corée, la Norvège et les États-Unis.

[2Environ 166 000 adultes de 16 à 65 ans ont été interrogés dans 24 pays. En France, l’évaluation a été administrée entre septembre et novembre 2012.

Quelque 7 000 adultes français ont été interviewés.

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