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En guise de synthèse : l’Université dans l’Université !

Quel regard portent les futurs professionnels sur cette 14e édition de l’Université d’hiver de la formation professionnelle ? A la faveur d’un partenariat entre l’Université de Paris-Dauphine et Centre Inffo, douze étudiants de l’Executive master « Management de la formation » se sont immergés dans les débats, ateliers et tables rondes des trois journées. Etudiants et également professionnels travaillant de manière directe ou indirecte dans l’univers de la formation, ils se qualifient de « preuve vivante que l’articulation entre formation continue, parcours certifiant, partenariat tissé entre acteurs de la formation, ça existe… ».

Sous la conduite d’Anne de Blignières-Légeraud, maître de conférences, ils ont fait la synthèse de la manifestation en déclinant trois axes forts : l’expérience formative, le cadre collectif au service de l’individu, l’écosystème de la formation.

 L’expérience formative, un sujet transverse à la majorité des ateliers et tables rondes

Les débats de cette 14e Université d’hiver de la formation professionnelle ont mis en avant deux constats importants :

C’est pourquoi il nous faut

Les enjeux suivants se font jour :

Pour libérer des espaces pour l’individu, il faut alors construire des cadres pour le collectif.

 Le cadre collectif au service de l’individu

Trois constats ont été soulignés :

Cela nécessite de mettre en place deux types de formation :

Dès lors, deux besoins deviennent essentiels :

Pour revenir sur la notion « d’apprendre à apprendre », on relève que le développement de l’autonomie de l’apprenant est un facteur clé de réussite des parcours et permettra d’anticiper les problématiques d’obsolescence des compétences.

Récemment, on constate un déplacement des curseurs vers de nouveaux modes d’apprentissage.
Par exemple :

On va oser, on va tester, expérimenter, on va autoriser à commettre des erreurs pour apprendre de ses échecs et sortir de l’unique « apprendre à réussir ».

Tout ceci s’appuie sur une multitude de ressources pédagogiques afin de créer un écosystème d’apprenance.

 L’écosystème de la formation

Si elle doit favoriser cet écosystème, la formation ne procède pas pour autant d’elle-même.

Au service de la sécurisation des parcours des salariés et de la compétitivité des entreprises, elle doit s’insérer dans un système économique, social et politique et dans ses différents territoires, du bassin d’emploi à l’Europe, en passant évidemment par le niveau structurant des régions.

Et pour construire ce système, les acteurs de la formation professionnelle doivent tisser des partenariats à la fois entre eux et avec les autres acteurs, dans leur diversité.

L’atelier sur la place de la formation dans la maîtrise des risques (cf.atelier E1) a singulièrement souligné le rôle de la médecine du travail et du CHSCT, non seulement autour du lien formation – santé au travail, mais sur des enjeux tels que la lutte contre l’illettrisme.

Le premier levier de cette logique de partenariat, c’est donc déjà de décloisonner la formation
au sein même de l’entreprise, dans le cadre d’une stratégie RH de management général des compétences, comme l’a indiqué la table ronde « Manager les compétences pour une performance sociale et économique » (table ronde 2). Mais cette stratégie suppose un changement de modèle de management qui, de participatif, doit devenir plus collaboratif. Il n’en reste pas moins que, notamment pour les emplois que Bernard Masingue a définis comme « ordinaires », par opposition aux emplois stratégiques et cœur de métier, la sécurisation de leur parcours nécessite aussi que des réponses soient initiées au niveau des territoires.

Le Conseil en évolution professionnelle est un élément de cette réponse, et l’atelier sur les Régions au cœur des réformes (atelier D3) a salué le travail réalisé par le Service public régional de l’orientation pour développer des méthodologies d’intervention communes aux 5 opérateurs nationaux du CEP.

Mais les territoires sont aussi le lieu de réponses offensives et anticipatrices autour de l’articulation emploi/formation/développement économique. De tels retours d’expériences ont été nombreux dans les différents ateliers, qu’ils viennent de l’Education nationale pour les Campus des métiers de l’Académie de Rouen (cf. atelier P2), des partenaires économiques et sociaux pour le Conseil de développement du Pays Basque (cf. atelier E4), ou des collectivités elles-mêmes, comme l’a rappelé Madame Veyssy, la Vice-Présidente de notre région hôte Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.

Le fil rouge de ces expérimentations diverses, foisonnantes, dont certaines sont anciennes, est de sortir du cadre de la formation, de dépasser les frontières et de créer des communautés, institutionnelles ou de projets, où se mêlent formateurs, experts, labos de recherches, acteurs du développement économique et autres forces vives du territoire. Les travaux des observatoires des branches y sont également largement mobilisés (cf table ronde 3).

Des logiques similaires de réseaux sont d’ailleurs aussi à l’œuvre dans les filières et les branches comme l’éolien ou la plasturgie. C’est le cas notamment lorsque l’enjeu est de former aux métiers de demain, transition numérique et transition énergétique obligent. Dès lors que, pour ces métiers, les référentiels ne sont pas stabilisés, la perspective est alors de « cultiver l’innovation » (cf. table ronde 3).

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible », nous a rappelé Emmanuel Langlois, citant Saint-Exupéry.

Ce sont également les organismes de formation qui, notamment dans des bassins d’emploi plutôt ruraux, construisent des partenariats pour devenir des assembleurs de solutions RH, qui ne relèvent pas toutes de la formation.

Mais alors il faut un langage commun, qui pourrait naître de la rénovation des référentiels autours de blocs de compétences. Traduisant en effet les référentiels d’enseignements en référentiels de compétences, ils sont, selon l’expression de Franck Giulani, de l’Université du Littoral Côte d’Opale (cf. atelier P1), le nouvel « espéranto » qui fait bouger tout le système.

Une dynamique de croisement entre logiques professionnelles et académiques que l’on retrouve pleinement dans les Campus des Métiers, considérés comme « un modèle d’articulation entre actions et acteurs » (table ronde 3).

Et l’argent dans tout ça ? S’il y a bien innovation, c’est qu’on a finalement très peu parlé « tuyauteries » dans cette 14ème Université d’hiver ! Et quand vous en avez parlé, c’est aussi sous l’angle des partenariats, les OPCA permettant d’allier articulation des actions et complémentarité des financements.

Enfin, ces dynamiques, ces innovations, ces expérimentations doivent être soutenues et capitalisées : c’est le rôle de la gouvernance pour laquelle la réforme a institué le quadripartisme. On voit bien que sa logique est conforme à la nécessité de coordonner l’ensemble des parties prenantes dans le pilotage du système et les arbitrages à réaliser. Vous avez de ce point de vue distingué une gouvernance de projets, à la fois plus informelle, plus ciblée mais qui nécessite un pilote identifié, et une gouvernance institutionnelle, où la question du chef de file est parfois posée mais dont les réponses nécessitent sans doute le temps que l’ensemble des acteurs s’organisent, notamment au niveau des territoires.

La DGEFP a rappelé en atelier (cf. atelier D2) qu’avec la réforme, nous étions passés d’un contrôle légal à la confiance multipartite, chacun dans ses responsabilités mais aucun ne pouvant rester dans son pré-carré. Un système qui fait le pari de la confiance, n’est-ce pas un signe tangible d’innovation ?

Dans ce système, le rôle des professionnels de la formation change de nature. Nous nous y formons grâce à cet Executive Master piloté par Anne de Blignières-Légeraud et Mathilde Bourdat.

Mais à Biarritz, nous avons beaucoup appris de vous ! Alors, merci à Centre Inffo pour ce partenariat et merci à vous tous, pour ces trois jours et pour votre attention !

Découvrir l’Executive Master Management de la formation de l’Université de Paris-Dauphine.

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